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Auteur
Cheminement et Dédicace
Erik Harvey-Girard


Je suis né le 22 juillet 1966 à Sept-Iles, Québec (Canada, si vous y tenez!). Si vous faites bien le compte, j’ai 22 ans. Hé! Encore cette année! Dans ma bulle sensorielle, l’âge atteint un plateau et ne change plus par la suite.

 

J’ai passé mon enfance au Saguenay-Lac-St-Jean à courir dans les champs pour attraper des taons, à lire les aventures des découvreurs, d'Astérix et de Rahan, et à faire du sport. Pour le Noël de mes treize ans, j’ai reçu un aquarium. J’allais découvrir la complexité d’un écosystème à côté de mon lit! Au secondaire, j’avais trop d’intérêt, tout m’allumait. J’avais une soif de savoir… surtout si c’est féminin!

 

J’hésitai entre la physique, les mathématiques et la biologie au CEGEP. J’ai finalement opté pour la biologie médicale à l’Université de Trois-Rivières (UQTR) parce que mon professeur de chimie organique au CEGEP de Chicoutimi m’avait allumé complètement sur la glycolyse et le cycle de Kerbs. Bizarre! Non, j’y sentais un lien entre la biologie, la chimie et la thermodynamique des physiciens. Tout est dans tout, les mêmes lois sont vraies partout, ce n’est que leurs applications qui diffèrent. La science devint une sorte de philosophie de vie, une recherche de la beauté de l’univers.

 

Après mon bacc, j’ai complété une maîtrise sur la bactériorhodopsine des bactéries halophiles toujours à l’UQTR. J’y découvris les frustrations nombreuses et les quelques joies de la recherche. Malheureusement, la connaissance de l’anglais me faisait défaut : trois semaines pour lire un seul article scientifique, c’est un peu trop! Science is a bitch who speaks the language of the empires.

 

Je me retrouvai donc en enseignement, ma deuxième passion dans la vie. Pendant ces années, j’enseignai au secondaire les mathématiques, la physique, la chimie et la biologie. J’ai donné aussi quelques charges de cours au CEGEP et à l’université. Mais la recherche me manquait ou plutôt le plaisir de réfléchir profondément à une question dans son ensemble et de tenter de trouver une réponse.

 

Ma blonde, fiston et moi avons donc déménagé à Montréal pour permettre à papa de faire un doctorat. Folie, rêve, absurdité… quand on a été prof avec un salaire décent, retourner au niveau de vie d’un étudiant n’est pas de tout repos. On est continuellement tiraillé entre la famille, les besoins d’argent et le doct.10 jours par semaine, 36 heures par jour ! Pas étonnant que la plupart des étudiants aux études graduées qui décrochent, quittent pour des raisons financières et que les étudiants gradués qui persistent ont rarement une famille avant la quarantaine. C’est invivable ! Seules une absurde ténacité, une blonde fidèle au-delà du raisonnable et quelques coups de pistons financiers de mes parents m’ont permis d’obtenir un doctorat tout en gardant mes amours auprès de moi.

 

Pendant mon doctorat, je me suis retrouvé par hasard, après un changement de projet, à étudier les récepteurs glutamatergiques de type NMDA du poisson-couteau brun. Les récepteurs NMDA servent au traitement de l’information à la synapse et sont fortement impliqués dans les phénomènes d’apprentissage et de mémoire. Sujet très passionnant en soi qui me permet de faire de la biologie cellulaire et moléculaire et de l’électrophysiologie.

Mais mon coup de foudre fut pour ce petit poisson-couteau brun. Poisson presque difforme, de couleur terne, au premier abord banal. Quelle surprise, quel plaisir de le découvrir ! C’est la ballerine des rivières amazoniennes, un des premiers ingénieurs électriques de l’évolution, un monstre de raffinement physiologique. Dans un petit poisson brun, j’ai enfin la possibilité de tout faire ce que j’aime – toucher à toutes les sciences, de la physique à l’éthologie en passant par la physiologie et la biologie moléculaire – pour un seul et même but comprendre un peu la complexité du vivant et sa plus grande découverte, le cerveau. Dans un petit poisson brun, j’ai redécouvert la beauté du monde…

 

Je suis présentement à l’université d’Ottawa dans le laboratoire de Leonard Maler à poursuivre dans la même veine pendant un stage post-doctoral.

 

Alors, après plusieurs années de recherche, l’enseignement me manque à nouveau. C’est pour m’éclaircir les idées et pour diffuser ce petit coin de savoir que j’ai fait ce site. Je dédie donc ce site internet à mes trois trésors de garçons et à ma blonde qui me suivent dans mes galères et à tous ces petits curieux qui aiment se faire conter des histoires pour comprendre ce drôle de phénomène qu’on appelle la vie. Je rajoute donc mon petit bout d’histoire à toutes ces autres que vous avez connues et allez connaître.

 

 

Références
Erik Harvey-Girard.  "Cheminement et Dédicace."  Apteronote. Ed. Erik Harvey-Girard. Ottawa: Mai 29, 2005. <  >

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