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Avec la théorie de l’évolution, on a commencé à considérer que pendant l’évolution des vertébrés, il y avait une augmentation de la complexité des structures et des fonctions du cerveau. Plus on s’élève dans l’échelle évolutive des vertébrés, plus le rapport de la masse du cerveau sur la masse du corps augmente. Pour les humains, la masse relative du cerveau est autour de 2%, tandis que pour la majorité des poissons, ce rapport est entre 0,1 et 0,3%. C’est dire que plus les espèces sont élevées dans l’arbre phylogénique plus une partie de leurs ressources sont dédiées à la fabrication du système nerveux central (SNC).
Ça, ça fait du bien au sentiment anthropocentrique : l’Homme, ce roseau pensant, est en haut de la pyramide de l’évolution! La grosse tête! C’est nous!
Pourtant, comme les règles de grammaire, il y a des exceptions : les poissons faiblement électriques! Plusieurs gymnotiformes, mormyriformes et poissons cartilagineux (requins), ont une masse relative du cerveau semblable à celle des primates. Pire, un mormyridé, le poisson-éléphant (Gnathonemus petersii) a une masse cérébrale relative plus grosse que l’humain (3% au lieu de 2%). Pour ajouter l’insulte à l’injure, sa consommation cérébrale d’oxygène représente 60% de ses besoins corporels (3 fois celle des humains !). Oups ! Il semble que même chez les poissons, il y a des têtes plus grosses que la nôtre !
En tant qu’humain, il faut vite relativiser cette masse relative… pour garder un peu de dignité humaine ! Chez les primates et surtout chez les humains, le renflement du cerveau s’est fait dans le télencéphale, la portion avant du cerveau responsable des tâches plus cognitives et abstraites. Tandis que chez les poissons faiblement électriques, le renflement du cerveau s’est fait à partir du cervelet plus à l’arrière, plus ancien, et surtout incapable de pensée abstraite. L’honneur des humains est sauf ! Croit-on !
A tout le moins, ces données nous mettent en garde face à l'interprétation trop poussée et mal avisée de mesures expérimentales floues et trop macroscopiques.
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