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Électroréception
Électroréception : l’électronique dans la peau
Erik Harvey-Girard


Les poissons capables d’électroréception ont développé des électrorécepteurs pour capter les champs électriques. Il existe plusieurs types d’électrorécepteurs chez les diverses espèces de poissons électriques.

 

Par exemple, les ampoules de Lorenzini, qui furent découvertes au 17e siècle et qui eurent pendant très longtemps une fonction inconnue, se retrouvent principalement chez les raies, les esturgeons et les requins. Comme elles sont absentes chez les gymnotiformes : je n’en parlerai pas ici.

 

Il y a aussi les récepteurs ampullaires qui se retrouvent chez les poissons non téléostéens, chez les amphibiens et chez trente ordres de poissons téléostéens dont les gymnotiformes et les mormyriformes. Ces récepteurs sont sensibles aux champs électriques de basses fréquences, entre 0,1Hz et 50Hz, de l’ordre de quelques centaines de microvolts par centimètre (µV/cm). Chez les aptéronotes, entre 700 et 1000 récepteurs ampullaires sont distribués sur toute la surface de la peau surtout dans la région de la tête.

 
Densité des électrorécepteurs sur la peau du poisson-couteau brun. Chaque point représente un électrorécepteur. Leur densité est plus élevée à la tête. (Référence: Carr, Maler, Sas. Peripheral organization and central projections of the electrosensory nerves in gymnotiform fish. J Comp Neurol. 1982 Oct 20;211(2):139-53.)

Les récepteurs tubéreux sont des électrorécepteurs que l’on retrouve uniquement chez les gymnotiformes et mormyriformes. Plus le poisson émet des décharges rapides, plus la proportion de récepteurs tubéreux est grande. Dans le cas des poissons-couteaux bruns, qui déchargent à une fréquence allant jusqu’à 1300Hz, les récepteurs tubéreux participent grandement au système électrosensoriel puisqu’on en retrouve environ 15000 répartis sur toute la surface de la peau de l’animal dont la moitié dans la région de la tête, ce qui représente près de 95% des électrorécepteurs des poissons-couteaux bruns. Comme la moitié des électrorécepteurs sont situés sur la tête qui ne représente que 15-20% de sa surface, on peut considérer la tête comme étant la fovéa électrosensorielle des aptéronotes (la fovéa est la partie centrale de la rétine de l’œil, la plus sensible et la zone où il y a le plus grand nombre de récepteur visuel).

 

Références
Erik Harvey-Girard.  "Électroréception : l’électronique dans la peau."  Apteronote. Ed. Erik Harvey-Girard. Ottawa: Juin 2, 2005. <  >

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