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Évolution
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La préférence des dames...

Évolution

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La préférence des dames...
Erik Harvey-Girard et Olivia Bargelletti

"Dis, maman, comment as-tu rencontré, papa?" (Photo: Guy L'Heureux)

 

   D’un certain point de vue masculin, la reproduction peut sembler une simple affaire d’arithmétique. C’est le nombre qui compte. Plus un mâle a de partenaires, plus il a des chances d’avoir une progéniture nombreuse, et donc, plus de chances d’assurer la survie de sa lignée héréditaire. Bien sûr, cela peut se produire uniquement chez les espèces où l’éducation de la progéniture ne nécessite pas les soins ou la surveillance paternelle. Sinon, on a vite plein les nageoires!

 

Pourtant, c’est oublier l’importance de « la » partenaire en question. Elle a son « chirp » à dire! Ne serait-ce qu’en acceptant ou non les avances de Monsieur. Elle a donc le choix. Et si elle a le choix, elle peut exprimer ses préférences.

 

"Qu'est-ce que tu lui trouvais, toi, à papa, maman?" (Photo: Guy L'Heureux)
Ma collègue de l’université McGill, Olivia Bargelletti, pendant sur projet de maîtrise, s’est penchée sur la question de la préférence des femelles aptéronotes. Il fallait bien sûr une vision féminine pour étudier les préférences féminines!

 

Elle a commencé par induire la saison des amours des aptéronotes en les plaçant dans des réservoirs dont la conductibilité de l’eau était très basse, ce qui imite les conditions d’eau lors de la saison des pluies dans leur milieu naturel en Amazonie. Les femelles gravides furent utilisées dans un test non-forcé de préférence des mâles.

 

"Demandez à Olivia, les enfants. Moi, je mange." (Photo: Guy L'Heureux)
Pour ce faire, Olivia a monté un réservoir en trois sections. La femelle aptéronote nageait dans la portion du centre, alors que deux mâles étaient dans les portions latérales. Entre les sections, deux parois séparatrices étaient perforées pour permettre la conduction électrique et aux poissons de communiquer électriquement entre eux. Au centre des parois, une « porte à sens unique », consistant en un tube de caoutchouc mou, permettait à la femelle de traverser chez un mâle, mais l’empêchait de revenir au centre. Comme les aptéronotes sont nocturnes, Olivia laissait son trio se faire la cour toute la nuit durant. Les mâles dans leur compartiment devaient se faire invitants afin de convaincre Madame. Au matin, Olivia pouvait facilement déterminer la préférence de la femelle en observant quel côté elle avait choisit de visiter.

 

"Maman? Mais, elle a craqué pour mon charme électrisant, les enfants!" (Photo: Guy L'Heureux)
Plusieurs essais ont été réalisés, pendant lesquels différents mâles matures étaient placés en contact avec différentes femelles. Les caractéristiques des mâles étaient systématiquement mesurées : longueur, masse, fréquence d’émission électrique (EOD), fréquence d'émission de chirps, etc.

 

Résultats : les femelles aptéronotes préfèrent les mâles qui ont une fréquence d’émission (EOD) élevée. La grosseur ou la longueur du mâle les laissent froides!

 

Dorénavant, je chanterai avec une petite voix aigue, comme les Bee-Gees. Je vais faire beaucoup d’arithmétique… avec des femelles aptéronotes.

 

 

 

 

 

"...ah-ah-ah-ah, staying alive, staying alive..." (Photo: Guy L'Heureux)
 






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Références
Erik Harvey-Girard et Olivia Bargelletti.  "La préférence des dames...."  Apteronote. Ed. Erik Harvey-Girard. Ottawa: Sep 12, 2006. <  >
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