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Problèmes d’électrophysiologie…
Toute stimulée et surprise qu’elle fut par l’invention de la pile électrique, la communauté scientifique de l’époque négligea l’étude des propriétés électriques des tissus biologiques pendant près de 50 ans pour se concentrer un peu plus sur les caractéristiques physiques de l’électricité. Malgré tout, certains (John Davy, Faraday, Miranda et Paci) reprirent et raffinèrent les expériences de Walsh, confirmant et détaillant ses résultats.
En 1828, Nobili (1787-1835) utilisa le galvanomètre, récemment inventé par Ampère, pour démontrer les effets électromagnétiques du courant électrique des grenouilles. Puis en 1840, Matteucci enregistra les courants électriques du muscle durant l’excitation. Comme l’avait montré Galvani, la grenouille pouvait bel et bien produire un courant électrique d’elle-même. N’en déplaise à Volta!
Puis, vint le tour de Emil Du Bois-Reymond (1818-1896). Sa thèse de doctorat résumait les travaux de ses prédécesseurs sur les poissons électriques. Il fut un des plus importants fondateurs de la physiologie expérimentale en étudiant systématiquement les propriétés électriques des tissus biologiques.
Du Bois-Reymond ne s’arrêta pas là. Par la suite, il découvrit le potentiel de repos (voltage des cellules au repos) et le potentiel d’action (ou dit autrement l’influx nerveux) (voir Le cerveau à tous les niveaux). Au repos, l’intérieur de l’électroplaque est plus négatif de –90mV par rapport à l’extérieur. Durant l’excitation, la face innervée de l’électroplaque change la perméabilité des ions de telle sorte que le potentiel s’inverse pour atteindre +60mV. Cette différence de potentiel résulte dans la décharge d’un courant allant de la face innervée par le nerf à la face opposée sans innervation, c’est-à-dire de la queue à la tête chez l’anguille électrique, et du ventre au dos chez Torpedo. … et problèmes d’évolution
Pendant que la physique et la biologie se rencontraient pour donner naissance à l’électrophysiologie expérimentale dans les mains de Du Bois-Reymond, l’histoire avait rendez-vous avec la biologie dans la tête de Darwin et de ses contemporains biologistes de l’évolution.
Au milieu du 19e siècle, on connaissait quelques poissons électriques avec leurs organes électriques qui donnaient de fortes décharges pour assommer leur proie ou pour se défendre. Plusieurs autres espèces avaient aussi été caractérisées et semblaient posséder des « organes pseudo-électriques » puisque les décharges électriques qu’ils produisaient étaient de trop faible intensité pour avoir un effet « efficace » sur d’autres animaux à proximité.
D’ailleurs le problème de l’évolution et de la parenté des diverses espèces de poissons électriques a entraîné de sérieux débats chez les biologistes de l’évolution.
Babuchin, en 1877, démontra que le terme « organe pseudo-électrique » était une erreur et que l’on devrait considérer ces organes comme étant entièrement fonctionnels. Babuchin fit preuve d’imagination dans sa démonstration. Il travaillait sur une préparation muscle-nerf de grenouille lorsqu’il décida de connecter le muscle à l’aquarium d’un mormyre via deux électrodes. Le muscle s’est mis à se contracter au rythme des impulsions électriques du poisson. Les poissons « pseudo-électriques » avaient donc un organe électrique complet et fonctionnel. On les nomme maintenant poissons faiblement électriques.
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